Trouvé dans “Comme le rêve, le dessin” (Louvre & Centre Pompidou):
[…] il faut une stratégie d'une particulière habileté pour parvenir à faire coexister pacifiquenement en soi la partie qui croit savoir et celle qui ignore. Et cette stratégie n'est autre que — oui, exactement! — la pensée. Il faut quelque chose de solide pour nous ancrer. À défaut de quoi, c'est une certitude, nous nous précipitons en guise de punition vers une collision assurée.
Question :
Comment puis-je éviter la collision (boum) sans pour autant réfléchir sérieusement (c'est-à-dire en restant allongée dans mon champ, à regarder les nuages passer, à écouter l'herbe pousser) ? Difficile ? mais non mais non. D'une façon purement logique, rien de plus facile. C'est simple. Il suffit de rêver. Rêver sans cesse. Entrer dans le monde des songes, et ne plus en ressortir. Vivre éternellement dedans.
Hariku Murakami, “Les amants du Spoutnik” Flammarion
